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Du côté sauvage

  • Photo du rédacteur: Nadine Fauré
    Nadine Fauré
  • 13 avr.
  • 2 min de lecture

Libérez votre coeur, rendez-le à la vie sauvage



Je bois mon thé.

Sur la tasse, le chat dort, les yeux masqués, paisible, presque absent au monde.

Derrière lui, deux dinosaures. Prêts à rugir.

Je souris.

Parce que tout est là.


On nous a appris à traduire le sauvage par la forêt.

Comme s’il fallait partir loin, revenir à un décor, à quelque chose d’extérieur.

Comme s’il existait un endroit où l’on redeviendrait enfin "naturel".

Mais ce n’est pas là que ça se joue.


Le sauvage n’est pas un lieu.

Ce n’est pas un retour en arrière.

Ce n’est même pas une opposition à la civilisation.


C’est une tension.


Quelque chose qui ne se laisse pas complètement apprivoiser.

Qui résiste, parfois - souvent - en silence.

Qui ne rentre pas tout à fait dans les cadres, même quand on fait de notre mieux pour s’y tenir.


Il y a en nous un chat qui dort.

Qui s’adapte, qui se repose, qui compose avec le monde tel qu’il est.


Et puis il y a autre chose.

Moins visible.

Moins poli.

Pas forcément violent.

Pas forcément bruyant.

Mais vivant d’une autre manière.


Dans le roman The call of the wild - L'appel de la forêt, en français - il est moins question de nature que d'un appel intérieur, d'une part sauvage en nous. La chanson de Lou Reed, elle, s'adresse à celles et ceux qui marchent à côté, qui vivent autrement, qui n’entrent pas dans les lignes.



Marcher du côté sauvage, ce n’est pas fuir.

C'est parfois tout l'inverse : avoir le courage de s'affirmer.

Marcher du côté sauvage, c’est accepter ce pas de côté.

Même infime.


Peut-être que ce n’est rien de spectaculaire.

Peut-être que ça tient dans un regard, dans une décision minuscule, dans un refus discret de se trahir.


Peut-être que ça tient dans un instant comme celui-ci.

Une tasse, un sourire, et cette impression fugace qu’il y a en nous quelque chose qui ne dort pas.



Take a walk on the wild side.




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